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LE SYNDROME DES BATIMENTS MALSAINS (SBM) ou le "Sick Building Syndrom" (SBS)

par Jens-Martin Träder[1]

Le "syndrome des bâtiments malsains" désigne très clairement un complexe de symptômes.

On observe une série de symptômes à composition et intensité variables comme par exemple:

* Irritation des conjonctives oculaires et des muqueuses nasale et pharyngienne
* Sinusites, laryngites et bronchites à répétition
* Peau sèche et prurit
* Céphalées et vertiges
* Fatigue, manque d'entrain mental
* Sensibilité accrue non spécifique aux stimuli extérieurs
* Malaises, nausées

Les composés organiques volatils fréquemment présents à l'intérieur des locaux sont probablement parmi les substances susceptibles de déclencher le SBM. On peut citer des produits tels que les peintures, les laques, les colles pour moquette et les adjuvants textiles (par exemple aussi le pentachlorophénol et le Lindane®).

La contamination de l'intérieur des maisons par des moisissures, des bactéries et des virus entre également en ligne de compte. Souvent, les maisons concernées sont surchauffées et l'air y est trop sec. Les émetteurs d'ozone tels que les photocopieuses, les fax et les imprimantes laser jouent un rôle croissant.

Cependant, une des raisons principales de l'augmentation de la fréquence de ces symptômes semble être la modification des normes d'isolation et d'aération suite à la crise pétrolière de 1973. Ces normes ont été modifiées pour des raisons d'économie d'énergie. Depuis, le taux moyen de renouvellement d'air dans les bureaux, mais aussi dans les salles de séjour et les chambres à coucher, a été réduit de 75%.

Dans de nombreux bureaux (bureaux à grande surface) on ne peut plus ouvrir les fenêtres. Le mauvais fonctionnement des installations de climatisation peut entraîner au fil du temps une accumulation de substances nocives dans l'air intérieur.

Dans certains cas, le SBM peut évoluer vers une sensibilité à des multiples substances chimiques.

Un cas particulièrement instructif concerne, en 1987, justement l'agence américaine de protection de l'environnement (EPA): en fin d'année, 22.000 m² de moquette nouvelle ont été posés dans des locaux du quartier général de cette administration à Washington D. C. La moquette a été collée sur le sol; son dossier était constitué de latex au styrène-butadiène. Après quelques jours, les employés se sont plaints de sensations de brûlure aux yeux, de difficultés respiratoires, d'éruptions cutanées, de vertiges et de nausées. Après quelques mois seulement, 120 employés s'étaient plaints de problèmes de santé sur le lieu de travail.

L'origine de ces troubles a été attribuée à la pose de la nouvelle moquette et à quelques modifications du bâtiment. Par la suite, la moquette a dû être enlevée et remplacée. Entre temps, environ 50 personnes étaient devenues tellement sensibles aux substances chimiques, qu'il ne leur a plus été possible de réintégrer ces bureaux. La seule possibilité a été dans de nombreux cas l'installation de postes de travail spéciaux (locaux avec sol en pierre, aération permanente par des fenêtres ouvertes, absence d'équipements de bureau émettant des substances nocives). Aux Etats-Unis, cet événement a déclenché une large discussion qui a entraîné l'obligation pour les producteurs de moquette, de développer une gamme de colles ne contenant pas de substances nocives et d'étiqueter les types de moquettes potentiellement dangereux pour la santé.

Pour en savoir plus cliquez ici


[1] Article extrait du livre ci-dessous:

Lohmann Kurt, Träder Jens-Martin et al.,Petit Manuel de Médecine environnementale pour la Pratique quotidienne, Stop Poisons Santé, mars 2004