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LA FIBROMYALGIE

par le Dr. Pierre Umé (décembre 2005)

Définition

Causes de la maladie

Symptômes

Prévalence

Personnes à risques

Prévention


Le syndrome fibromyalgique ("fibro" pour les tendons, "myo" pour les muscles; "algie" pour la douleur), qui touche de 2 à 6 % de la population des pays industrialisés, est reconnu par l’OMS sous le N° M 79.0 (International Statistical Classification of Diseases) "rhumatisme mal précisé".

D’autres termes recouvrent plus ou moins cette notion comme: rhumatisme musculaire, rhumatisme des tissus mous, rhumatisme abarticulaire, fibrosite.

La fibromyalgie est un syndrome de douleurs musculo-squelettiques profondes, de nature chronique, à localisation principalement symétrique et accompagnées de raideur et d’une diversité de manifestations systémiques telles que troubles du sommeil, fatigue, picotements aspécifiques, affections fonctionnelles comme le colon irritable, des céphalées de tension, …

Encore mal connue, la fibromyalgie est l'objet de polémiques dans le milieu scientifique, ses causes n'étant toujours pas identifiées clairement. On la considérait jusqu'à il y a peu, comme une maladie psychiatrique.

Aujourd'hui, en plus d'un profil psychologique particulier (états dépressifs, pessimisme, fatigue, lassitude), on pointe du doigt des facteurs physiologiques (perturbations métaboliques, hormonales, etc.) et un contexte de vie (stress, alimentation, sédentarité) qui y prédispose.

S'il est important de ne pas méconnaître la dépression lorsqu'elle se traduit par des plaintes qui font surtout penser à un problème somatique, il l'est tout autant de ne pas étiqueter dépression et de maladie se passant "dans la tête" toutes les expressions d'un déséquilibre organique (notamment toxique) sous-jacent. (retour haut de page)

Cliniquement, le syndrome est caractérisé par des points sensibles typiques (tender points), localisés au niveau des tissus mous. Divers facteurs physiques et psychiques peuvent aggraver les symptômes.

Parmi les différents tableaux de critères proposés, les critères de l’ACR (American College of Rheumatology) semblent offrir la plus grande sensibilité et la plus forte spécificité:

  1. Anamnèse de 3 mois de douleur diffuse.
On considère la douleur comme largement diffuse si elle est signalée à la fois au niveau des moitiés gauche et droite du corps, au dessus et au-dessous de la taille et au niveau du squelette axial (rachis cervical, thorax antérieur, colonne dorsale et lombaire).

2. Douleurs à la palpation digitale dans 11 des 18 points sensibles définis.
Avant qu’un point sensible soit évalué positif, il faut que le patient signale une douleur et pas seulement une sensibilité à la palpation.

Points sensibles (toujours bilatéraux). Les deux critères doivent être remplis. Une deuxième affection clinique n’exclut pas le diagnostic de fibromyalgie.

 

  Causes de cette maladie (retour haut de page)

On ne connaît toujours pas l’étiologie, ni la pathogénèse du SFM. Des recherches ont permis d'identifier certains facteurs prédisposant à la fibromyalgie :

 
   
· des troubles de neurotransmetteurs dans le cerveau : un déficit en sérotonine (lien connu avec la dépression, la migraine et les troubles gastro-intestinaux) et un trouble métabolique de la protéine P, qui augmenterait la sensibilité à la douleur et dont l'association avec le stress, l'anxiété et la dépression est aussi connue;

· un trouble du système nerveux sympathique: il y aurait une baisse de l'activité du système sympathique (baisse de la tension artérielle, ralentissement du rythme cardiaque, augmentation des mouvements intestinaux, etc.). Une sensibilité au froid, parfois un phénomène de Raynaud, une rétention liquidienne, une sensibilité vésicale chez certains patients;

· les patients atteints de SFM signalent souvent des troubles du sommeil accompagnés de fatigue au lever. Ces plaintes ont pu être corrélées avec une anomalie à l’EEG, à savoir la présence d’ondes alpha-delta dans la phase IV, non REM, qui correspond à un phénomène d’éveil. Le sommeil alpha-delta interférerait avec la sécrétion de certaines hormones hypophysaires comme la somatomédine-C liée à l’hormone de croissance. Or cette hormone joue un rôle critique dans l’homéostasie et la récupération musculaire;

· si on n’a pas encore trouvé une étiologie virale, souvent, les patients imputent le début de leur affection à des syndromes infectieux intéressant surtout les voies respiratoires supérieures.

Plusieurs facteurs d’influence joueraient un rôle secondaire sur le cycle vicieux de la douleur :(retour haut de page)

· Troubles du sommeil

· Dépression

· Temps humide et froid

· Obésité, hyperlaxité, anomalies posturales

· Facteurs métaboliques et neurohormonaux

· Anxiété, stress

· Inactivité physique, faiblesse musculaire

· Hyperactivité physique, traumatismes

· Environnement social défavorable

· Attitude négative des médecins

· Spasmes musculaires, paresthésies


Symptômes (retour haut de page)

· Des douleurs musculaires diffuses et des points spécifiques du corps sensibles au toucher (voir le schéma), qui persistent souvent des mois et s'accompagnent de raideurs;

· Un sommeil agité avec fatigue et raideurs au lever. Il semble que les personnes qui souffrent de fibromyalgie n'atteignent pas la phase de sommeil profond et réparateur.

· Une fatigue persistante (toute la journée), qui empêche parfois de fonctionner au quotidien, non soulagée par le repos;

· Des maux de tête ou de fortes migraines, probablement causées par les tensions musculaires au cou et aux épaules;

· Le syndrome du côlon irritable (les diarrhées, la constipation et les douleurs abdominales sont fréquentes);

· Des états dépressifs ou d'anxiété (chez environ le tiers des personnes fibromyalgiques);

· Des difficultés de concentration;

· Une augmentation de l'acuité des sens, soit une sensibilité accrue aux odeurs, à la lumière, au bruit et aux changements de température (en plus de la sensibilité au toucher);

· Un engourdissement et des fourmillements aux mains et aux pieds;

· Des menstruations douloureuses (dysménorrhée);

· Un syndrome de la vessie irritable;

· Des douleurs thoraciques.


Prévalence(retour haut de page)

· Une fréquence de SFM de 14.6 % a été rapportée dans une pratique de rhumatologie aux USA;

· 30 % des patients âgés de moins de 50 ans se présentant pour la première fois en rhumatologie ;

· En médecine générale, des taux de 4 à 5 % et il est certain que nous voyons ne représentent que la partie visible de l’iceberg;

· Egalement chez l’enfant (6.2 % d’une population d’écoliers israéliens).


Personnes à risque

Les femmes.

Elles sont plus susceptibles de souffrir de la fibromyalgie que les hommes, dans un rapport d'environ quatre pour un.

Chez les femmes, la maladie apparaît entre 30 à 50 ans, et généralement aux environs de l'âge de la ménopause, période caractérisée par une baisse en œstrogènes. Chez certaines femmes, la ménopause favorise un état dépressif propice à la survenue de la fibromyalgie.

Les personnes âgées de plus de 50 ans.

Les personnes dont un membre de la famille a souffert de fibromyalgie.

Les personnes qui ont des troubles du sommeil dus à des spasmes musculaires nocturnes ou un syndrome des jambes sans repos.(retour haut de page)


Prévention

La cause de la fibromyalgie n'ayant pas été formellement identifiée, aucune manière de la prévenir n'est reconnue. Les mesures suivantes peuvent aider à en diminuer la gravité.

· Alimentation

Dans certains cas de syndrome fibromyalgique, on a pu mettre en évidence de l'hypersensibilité ou intolérance alimentaire.

L'intolérance alimentaire est, au sens large, une réaction adverse reproductible vis-à-vis d'un ou plusieurs constituants alimentaires, non liés à un désordre psychique[1], pouvant être causée par des mécanismes immunologiques (hypersensibilité) ou non-immunologiques (déficiences enzymatiques en lactase, peptidases,...).

Ces hypersensibilités alimentaires basées sur des réponses immunologiques tardives à IGG, qui se manifestent aussi bien au niveau digestif que sur les organes extra-intestinaux (SNC, endocrinien, articulaire,...) peuvent être mises en évidence par une méthode de dosage quantitatif d'IGG spécifiques, le test IMUPRO 300.

Le Dr Andrew Weil, émet quelques recommandations d'ordre diététique à l'intention des personnes atteintes de fibromyalgie:

o éliminer de son alimentation les huiles végétales hydrogénées (comme certaines margarines qui restent solides à la température de la pièce) et les aliments dont la teneur en acides gras trans est élevée (comme les fritures, les pâtisseries et les biscuits);

o augmenter son apport en acides gras oméga-3, un acide gras essentiel au bon fonctionnement de l'organisme. Les graines de lin, l'huile de lin et les huiles de poisson (contenues dans les poissons gras sauvages comme le maquereau et le saumon) en sont des sources importantes;

o manger suffisamment de fruits et légumes (5 à 10 portions selon le guide alimentaire canadien);

o incorporer dans ses mets le gingembre et le curcuma.

· Gestion du stress(retour haut de page)

Le stress représente une série de contrôles et d’alignements constituant un mécanisme d’adaptation au changement.

C’est l’accumulation des pressions, normales ou anormales, liés à la vie de tous les jours, qui sollicite la capacité de l’individu à faire face.

Le stress est par conséquent une action combinée du corps et de l’esprit, impliquant la perception d’une agression et une modulation instantanée de la réaction qui s’ensuit.

L’état réactionnel du stress semble régi essentiellement par trois grands systèmes d’intégration du cerveau :

o le système d’activation de la formation réticulaire,

o le système limbique,

o l’hypothalamus.

La réaction liée au stress emprunte deux voies associées mais essentiellement distinctes : le système nerveux autonome et le système neuro-endocrinien.

Au plan physiologique, l’endurance d’un individu déterminé est sollicitée lorsqu’il perçoit un événement quelconque comme une menace.

C’est donc la perception de l’individu qui constitue le mécanisme de déclenchement et non l’événement lui-même. Un événement qui représente une menace évidente pour telle personne, peut très bien pousser une autre à se dépasser, ou tout simplement passer inaperçu. D’un point de vue technique, le stimulus ne devient donc un stress, quelle que soit son importance, que si l’individu qui y répond le reçoit comme une menace.(retour haut de page)

En outre, chaque personne présente un seuil de réaction qui lui est propre, et qui est fonction :

* du tempérament,
* des expériences passées,
* de la personnalité,
* des modifications ayant pu survenir récemment dans l’existence du sujet,
* de l’appui social émanant de la famille, des amis, des relations professionnelles.

Nous nous différencions considérablement par la manière dont réagissent les différents systèmes de notre organisme. En effet, chaque personne présente une sorte d’organe-cible privilégié lorsqu’elle est soumise au stress.

Tous ces facteurs individuels contribuent à déterminer le caractère adaptatif ou non adaptatif au stress. Dans les cas de non-adaptation à une situation stressante, nous trouvons :

* Anxiété ou dépression interférant avec les fonctions normales de l’individu
* Désordres fonctionnels (problèmes gastro-intestinaux, fatigue, céphalées de tension, insomnie)
* Exacerbation d’un trouble organique préexistant
* Irritabilité – abaissement du seuil de colère ou de frustration
* Régression ou dépendance
* Dysfonctions cognitives telles que perceptions irréelles, dépersonnalisation, obsessions
* Cauchemars de nature traumatique
* Comportement antisocial, criminel ou déviant.

· Rétablissement des carences ou déséquilibres en oligo-éléments(retour haut de page)

Les besoins oligo-élémentaires sont variables d’un individu à l’autre et dépendent du programme génétique et de l'ethnie; et chez le même individu, ils varient en fonction du contexte physiologique, et de la situation pathologique.

L'oligothérapie fonctionnelle de Ménétrier et son concept des diathèses nous permet de prescrire avec une fiabilité tout à fait convenable :

* Manganèse : asthénie matinale avec instabilité et nervosisme.
* Manganèse-Cuivre : fatigabilité avec difficultés de concentration, pessimisme de la diathèse hyposthénique
* Manganèse Cobalt : fatigabilité progressive du sujet âgé, émotif, angoissé avec perte de mémoire, diathèse dystonique

* Cuivre-Or-Argent : asthénie intellectuelle, atonie périodique ou globale, découragement, insomnies, idées suicidaires de la diathèse anergique
* Zinc Nickel Cobalt ou Zinc Cuivre : de l’asthénie cyclique (11-17 h) ou saisonnière (printemps-automne) avec dépression transitoire et obnubilation périodique. Diathèse de désadaptation.

Intérêt de l’usage du plasma marin de Quinton : totum d’oligo-éléments naturels d’assimilation immédiate.

Sa composition est complète et équilibrée : tous les oligo-éléments marins, qui sont ceux de notre milieu intérieur, sont en effet présents dans les mêmes proportions mais en concentration plus forte que dans le liquide extracellulaire (plus ou moins 18 litres!) lieu d’échanges où se passent les premiers stades de la maladie.

Le plasma de Quinton, apporte aussi des oligo-éléments rares dont l’importance commence à être connue (les lanthanides).

· Pathologie dentaire(retour haut de page)

La bouche et les dents ont un rôle fondamental dans l’équilibre énergétique de tout l’ensemble du corps. On sait que plusieurs métaux de potentiels d’oxydoréduction différents (les amalgames, couronnes, pivots) baignés dans le milieu conducteur de la salive développent des effets de piles (électro galvanisme buccal) qui peuvent avoir des répercussions sur la santé.

De plus, le mercure des amalgames (1 g de mercure /amalgame) est libéré massivement par ce processus d’électrolyse, mais aussi par la mastication, le pH, la chaleur. Sous forme de vapeur, il passe directement les barrières phospholipidiques des cellules ou dans le sang et se retrouve en concentration toxique dans différents organes dont les reins et le cerveau.

Une dent dévitalisée peut être une véritable bombe à retardement et représenter un foyer infectieux ou toxique, parfois redoutable.

L’hypersensibilité au nickel associée au syndrome de fatigue chronique ou au syndrome fibromyalgique, avec ou sans auto-immunité, est décrite pour la première fois par le professeur Stejskal en 1999[2] en examinant l’hypersensibilité aux métaux lourds chez des patients à pathologies diverses compliquées de SFC et ou FM.

· Malabsorption digestive – dysbiose

Quoique nous mangions, nous n’absorbons toujours que des protéines, des lipides et des glucides. Pour transformer ces trois groupes d’aliments de base en matériaux biochimiquement exploitables par notre organisme, trois groupes d’enzymes sont nécessaires : les protéases, les lipases et les amylases. Ce remaniement enzymatique débute dès la première bouchée et se termine au niveau de l’intestin grêle où a lieu l’absorption, après toute une série d’étapes d’égale importance et suivant une séquence bien précise.(retour haut de page)

L’insuffisance d’une de ces étapes intermédiaires se traduira par une transformation incomplète de nos aliments et par une insuffisance d’absorption de l’un ou l’autre des constituants de base de notre vie.

Les matières non absorbées et non valorisables restent dans l’intestin et sont concentrées et déshydratées au niveau du gros intestin, pour finir en selles dans le rectum. Il peut y encore avoir au niveau du colon une certaine exploitation de ces aliments incomplètement digérés par la présence dans le tractus digestif d’une flore microbienne indigène (lactobacillus, bacillus bifidus) qui trouve de quoi vivre dans ces reliefs alimentaires.

Certains de ces microorganismes vont générer des produits accessoires dont notre organisme va faire usage (vitamines B et K, transformation du Cobalt alimentaire en vitamine B12). Certains organismes étrangers (coli pathogènes, streptococcus, salmonella, candida albicans) vont tirer aussi profit de ces déchets pour se développer et provoquer par leur présence en excès et la libération massive de toxines, non seulement des problèmes gastro-intestinaux mais aussi des répercussions importantes au niveau des systèmes immunitaire et neuro-endocrinien.

En effet, 80 % de notre système immunitaire est distribué le long du tube digestif. On ne peut qu’insister sur les effets néfastes d’une microflore intestinale dysbiotique et a contrario, les effets bénéfiques d’une supplémentation de probiotiques vivants et viables chez l’homme.(retour haut de page)


[1] - Sullivan PB. Food allergy and food intolerance in childhood. Indian J Pediatr 1999; 66: S37-45

- David TJ. Adverse reactions and intolerance to foods. British Medical Bulletin 2000; 56: 34-50

[2]www.melisa.org